Le Novelliste n° 8 : Idées, idéaux, idéologies...
EAN : 9782490426560
ISBN : 978-2-490426-56-0
Le sense of wonder est-il apolitique par nature ? Faut-il, pour parvenir à la suspension d’incrédulité, faire abstraction du monde dit réel et de ses contingences ? S’interroger de la sorte peut paraître naïf à une époque où de nouvelles générations de lecteurices et d’auteurices font tout naturellement de leurs littératures de prédilection la chambre d’écho et le tremplin de leurs questionnements, de leurs espoirs et de leurs luttes, sans avoir besoin pour cela de brandir manifestes et banderoles. Ce ne fut pas toujours le cas au siècle précédent, où la question fut parfois aussi sensible que la définition de la science-fiction, du fantastique, et le catalogage de leurs différences. Nous n’y répondrons pas dans ce numéro du Novelliste par le menu. D’excellents ouvrages récemment parus le font bien mieux que nous ne pourrions le faire, auxquels nous vous invitons à vous reporter pour creuser le sujet. Dans ces colonnes, autour de ce thème, il s’agit comme à notre habitude d’organiser la rencontre et la confrontation d’une somme de textes de fiction et d’articles issus de différentes époques. Et ce faisant, de constater que non, le sense of wonder n’est pas apolitique par nature, étant donné que tout est politique et que rien, pas plus nos mots que nos rêves, ne peut prétendre faire abstraction des idées, des idéaux, des idéologies. Éminemment politique était l’utopie rêvée par Sir Thomas More, au seizième siècle, empêché qu'il était de pouvoir se livrer à une critique ouverte de la société dans laquelle il vivait. Politiques aussi les fusées rutilantes partant coloniser l’espace et porter la pax humana dans les sauvages contrées intersidérales, ou les robots (à boulons ou à circuits imprimés) redéfinissant la voie du progrès et le contour de l’humain. Quant aux parages très codifiés des mondes de fantasy médiévaux régis par la magie, ils n’échappent pas davantage aux imprégnations idéologiques de l’époque qui les vit naître que les alentours les plus brumeux de nos cauchemars fantastiques. Celles et ceux que cela défrise devront s’y faire : c’est le fait même d’avoir recours à l’imagination pour réinventer le monde, la vie, les gens, qui est politique. Que l’imaginaire serait triste s’il en allait autrement…
Caractéristiques
- Prix éditeur
- Éditeur
- Collection
- Cycle
- EAN
- Nombre de pages
- 18,00 €
- 9782490426560
- 284 pages