Dans cet épisode, on côtoie la mort de très près.

Il faudrait pour grandir oublier la frontière, de Sébastien Juillard chez Scylla. Nouvelle d'anticipation sur la colonisation de la Palestine par Israël, et ses conflits incessants, cycle qui semble ne jamais vouloir s'éteindre. On peut dans ce futur pas si futuriste réparer les corps, partager les peines, mais il est toujours aussi difficile de réparer l'Histoire, qui pèse de tout son poids sur ses protagonistes, qu'ils décident de s'en attribuer les plus belles vertus ou qu'ils n'arrivent pas à se détacher de ses plus affreuses heures. Une nouvelle qui s'engage et qui frappe, fort.

L'allégresse des rats, de Marie-Agnès Michel chez La dernière goutte. Un roman noir sur une toile de fond post dérèglement climatique, où l'on s'embourbe à chaque pas dans une mousson permanente qui a remplacé un été de plomb. On peut s'y affranchir de ses aînés grâce au concours d'unités spéciales d'euthanasie, comme on ferait une demande d'enlèvement d'encombrants, à récupérer sur le palier svp. Anti-héros en diable, on y suit le mutique Clovis et son quotidien d'ambulancier/pompe funèbre, hanté par ses actes, errant dans la nuit d'une ville sinistrée ambiance prohibition.

Arms, de Ryouji Minagawa chez Mangetsu. Réédition de cette série trop longtemps indisponible des années 90/2000. Une des pépites de cette vague post cyberpunk aux influences diverses (Evangelion, Ghost in the shell et jusqu'à une Alice aux pays des merveilles technopunk), qui nous emmène d'un petit lycée jusqu'à des organisations secrètes qui influencent le monde entier. Une oeuvre profondément anti-militaire même si l'on s'y bat beaucoup, pleine de réflexions utiles et qui mérite sa place dans les classiques.

La BO du jour c'est Ancient Futures, de Lifeformed et Janice Kwan, tiré de l'ost de Tunic. De quoi passer cette fin de printemps en pur chilling, sauf si on préfère doomer. En tout cas un néologisme anglais, for sure.